Semaine européenne de la santé et sécurité au travail 2026 : ce qu'il faut savoir

La Semaine européenne de la santé et sécurité au travail revient du 19 au 25 octobre 2026, avec un tournant majeur : le lancement de la nouvelle campagne EU-OSHA « Ensemble pour la santé mentale au travail » (2026-2028). Dates, enjeux et actions concrètes à mettre en place dans votre entreprise.

Chaque année en octobre, la Semaine européenne de la santé et sécurité au travail mobilise entreprises, institutions et partenaires sociaux autour d'un même objectif : rendre le travail plus sûr et plus sain. L'édition 2026 marque le lancement d’une toute nouvelle campagne européenne, portée sur trois ans, et centrée sur un sujet devenu incontournable pour les employeurs : la santé mentale au travail.
Qu'est-ce que la Semaine européenne de la santé et de la sécurité au travail ?
La Semaine européenne de la santé et sécurité au travail est organisée chaque année en octobre (semaine 43, soit du 19 au 25 octobre en 2026) sous la coordination de l'Agence européenne pour la sécurité et la santé au travail (EU-OSHA). Elle constitue le point d'orgue annuel des campagnes pluriannuelles « Lieux de travail sains », héritières des Semaines européennes organisées depuis 2000, qui mobilisent des centaines d'actions dans toute l'Union européenne : conférences, ateliers, publications, temps d'échange entre entreprises et préventeurs.
L'objectif reste constant d'une édition à l'autre : sensibiliser employeurs et salariés aux risques professionnels, diffuser des pratiques de prévention éprouvées, et inscrire la santé-sécurité au travail dans l'agenda politique et social européen.
Édition 2026 : le lancement de la campagne « Ensemble pour la santé mentale au travail »
En octobre 2026, l'EU-OSHA dévoile sa nouvelle campagne « Lieux de travail sains » 2026-2028, intitulée « Ensemble pour la santé mentale au travail ». Elle succède à l'édition 2023-2025 consacrée à la santé-sécurité à l'ère numérique, et s'inscrit dans le cadre stratégique européen 2021-2027 en matière de santé-sécurité au travail.
Cette nouvelle campagne poursuit un double objectif :
- Sensibiliser à l'impact des risques psychosociaux sur la santé des travailleurs ;
- Outiller les entreprises pour créer des environnements de travail favorables, inclusifs et bénéfiques à la santé mentale, dans tous les secteurs d'activité.
Ce virage n'est pas isolé : il fait écho à la Journée mondiale de la sécurité et de la santé au travail du 28 avril 2026, déjà consacrée par l'Organisation internationale du travail (OIT) à l'environnement psychosocial.
Deux échéances internationales majeures, la même année, sur le même sujet : un signal fort que la santé mentale s'impose désormais comme un pilier à part entière de la prévention, au même titre que les risques physiques, chimiques ou biologiques.
Pourquoi la santé mentale devient une priorité SST à part entière
Pendant longtemps, la santé-sécurité au travail s'est concentrée sur les risques physiques : chutes, manutention, exposition à des substances dangereuses. Les facteurs psychosociaux (charge de travail, clarté des rôles, autonomie, soutien managérial, équité des processus) ont mis plus de temps à être reconnus comme des risques professionnels à part entière.
Or ces facteurs ont une incidence directe et documentée sur la santé, la sécurité et la performance des salariés. Selon l'enquête OSH Pulse 2022 de l'EU-OSHA, 27 % des travailleurs européens déclarent souffrir de stress, de dépression ou d'anxiété causés ou aggravés par leur travail, et 46 % disent subir une forte pression temporelle. Quand ils se dégradent, ils deviennent des risques psychosociaux (RPS) qui doivent être évalués, prévenus et gérés au même titre que n'importe quel autre risque professionnel. C'est précisément la logique que porte la campagne 2026-2028 : sortir la santé mentale du non-dit pour en faire un sujet de prévention organisationnelle, documenté et actionnable.
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Les 5 axes de la campagne 2026-2028 et ce qu'ils impliquent pour les employeurs
La campagne « Ensemble pour la santé mentale au travail » s'articule autour de cinq domaines prioritaires, activés progressivement sur le site de la campagne :
- L'évaluation et la gestion des risques psychosociaux : intégrer les RPS dans le document unique d'évaluation des risques (DUERP), une obligation légale en France, et dans les démarches de prévention.
- Le harcèlement, le harcèlement sexuel et la violence au travail : un axe qui recoupe directement les enjeux VSS déjà présents dans de nombreuses entreprises françaises.
- Les risques physiques et la santé mentale : reconnaître que pénibilité physique et charge mentale s'alimentent mutuellement.
- Les risques psychosociaux dans le secteur de la santé et du social : un secteur identifié comme particulièrement exposé.
- Travailler avec un trouble de santé mentale : accompagner le maintien en emploi et le retour au travail des salariés concernés, sans stigmatisation.
Pour les employeurs, ces cinq axes dépassent le simple cadre de communication européen : ils dessinent une feuille de route très concrète pour structurer (ou renforcer) une politique de prévention des RPS sur les trois prochaines années.

Comment une entreprise peut s'engager pendant la Semaine européenne (et après)
La Semaine européenne est souvent perçue comme un rendez-vous institutionnel, mais elle offre un point d'entrée concret pour les entreprises qui veulent aller au-delà de leur obligation légale d'évaluation et de prévention des RPS (article L4121-1 du Code du travail) :
- Profiter de la semaine pour communiquer en interne sur la santé mentale au travail : sensibilisation managériale, rappel des dispositifs existants (ligne d'écoute, cellule de soutien, médecine du travail).
- Faire un point d'étape sur son évaluation des RPS dans le document unique, à l'aune des cinq axes de la nouvelle campagne.
- Former les managers à repérer les signaux faibles et à adopter une posture appropriée face à un collaborateur en difficulté.
- S'appuyer sur les ressources officielles : guide de campagne, brochure et affiche mis à disposition par l'EU-OSHA, déclinés dans les langues officielles de l'UE.
- Organiser un programme sur la semaine : un temps de communication interne le lundi, un atelier de sensibilisation des managers en milieu de semaine, puis un point avec le CSE ou la CSSCT pour lancer un plan d'action.
Plus qu'un temps de sensibilisation, cette semaine peut servir de déclencheur d'une démarche de prévention qui s'inscrit dans la durée, d'autant que la campagne européenne, elle, est prévue pour courir jusqu'en 2028.
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"Que l'Europe consacre trois ans de campagne à la santé mentale au travail, c'est un signal fort. La santé mentale n'est plus un sujet à part : c'est un pilier de la performance durable des organisations. En France, près de 6 millions de travailleurs s'estiment aujourd'hui en mauvaise santé mentale, et 44 % des salariés n'ont accès à aucune mesure de prévention dans leur organisation. Mais une campagne ne change rien si elle reste une semaine de communication. Ce qui fait la différence, c'est la capacité des entreprises à évaluer leurs risques, former leurs managers et agir dans la durée. Nos données le montrent : là où un plan de prévention complet existe, 86 % des salariés constatent une amélioration de leur santé mentale."

Camy Puech


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