Développer son assertivité au travail

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Comment rester assertif lorsqu’on reçoit des injonctions contraires à ses valeurs ?

Comment dire non à votre supérieur hiérarchique sans créer un conflit ? Comment faire valoir vos opinions qui semblent contredire celles de votre chef ? L’une des solutions adaptées est l’assertivité. Ecartant l’agressivité et la manipulation, l’assertivité vous aidera à faire part de votre point de vue sans dénigrer celui de votre interlocuteur.

L’assertivité, qu’est-ce que c’est ?

Du mot anglais « assertiveness », l’assertivité désigne la capacité à exprimer son opinion, tout en restant flexible et réceptif aux idées de son interlocuteur. Autrement dit, être assertif peut être définie par la fermeté dans ses idées, dans le fond, et par la souplesse dans la forme.

L’assertivité peut également être définie par le fait d’exprimer son avis sans empiéter sur celui des autres. Comme dit le proverbe, « La liberté des uns s’arrête là où commence celle des autres ».

L’assertivité permet donc d’exprimer ses idées sans recourir à la manipulation ou à l’agression, sans timidité et sans délester son interlocuteur de ses propres opinions.

Etre assertif quand on est confronté à une anti-valeur

En tant que collaborateur, vous devez atteindre les objectifs formulés par votre supérieur hiérarchique. Cependant, il peut arriver que ces missions soient contraires à vos valeurs. L’assertivité demande d’être ouvert d’esprit et à l’écoute de l’autre. Dans ce cas, voici quelques conseils que vous pourrez appliquer sans engager la violence verbale ou le refus de réaliser votre mission.

Soyez clair sur vos convictions dans votre réponse

D’abord, rassurez votre interlocuteur sur le fait que vous avez parfaitement compris la demande. Ensuite, exposez vos convictions clairement dans votre réponse. Ainsi, votre manager comprendra que sa demande a été comprise, mais qu’elle est contraire à vos valeurs. Enfin, faites-lui comprendre que votre objectif est de trouver un consensus. Le tout, sans élever la voix et sans blâmer votre interlocuteur.

Soyez ouvert à toutes les propositions

Maintenant que vous avez proposé d’imaginer une solution commune, soyez prêt à changer d’avis si les arguments de votre interlocuteur sont pertinents. Une des clés de l’assertivité est d’admettre d’avoir tort dans certains cas, et de refuser d’être critiqué. En revanche, si la demande ne peut aller de pair avec vos convictions, n’hésitez pas à avancer une solution alternative permettant de donner les mêmes résultats attendus.

Soyez à l’écoute de vos idées avant tout

Beaucoup craignent de refuser une demande sous peine d’être mal jugés par leur manager. En étant assertif, dites-vous que vous n’êtes pas obligé de vous ranger aux avis des autres. Votre objectif : instaurer le dialogue. Dans ce cas, privilégiez le « je » dans l’expression de vos opinions, et rajoutez « vous » ou « tu » dans la même prise de parole. 

Ainsi, votre interlocuteur sera sensible à votre considération. Par exemple : “Je suis d’avis d’opter pour cette solution, qu’en pensez-vous ?” En parlant ainsi, votre manager saura que son avis compte également pour vous. Mais que sa demande va à l’encontre de vos convictions.

Les comportements contraires à l’assertivité

Il y a d’une part la démarche pour exprimer son désaccord tout en restant assertif, et d’autre part les comportements qui ne sont pas assertifs. Vous saurez que vous êtes réellement assertif dans un contexte stressant ou une situation difficile, comme lorsque votre supérieur formule des demandes contraires à vos valeurs. Voici donc trois comportements contraires à l’assertivité.

Manipuler

La manipulation est exclue du comportement assertif. Effectivement, l’objectif est de faire connaître votre point de vue, sans forcer votre interlocuteur à adopter votre point de vue. La manipulation rime bien souvent avec des jeux d’humeur, des changements d’attitude et de mélange de propos incohérents. Or, l’assertivité se veut d’être claire dans ses propos et dans leur formulation. Le tout, en tenant compte de l’avis de son interlocuteur.

Agresser verbalement ou gestuellement

Hausser le ton, la voix, perdre votre sang froid : voilà quelques formes de l’agressivité. Comme expliquée plus tôt, l’idée est d’exprimer votre avis sans crier sur votre interlocuteur. Ces actes sont tout sauf assertifs.

Fuir ou demeurer passif

L’idée n’est pas de demeurer passif en cas de désaccord. Certes, vous souhaitez préserver la bonne relation avec votre manager. Mais n’allez pas passer sous silence le fait que sa demande bafoue vos valeurs. Pour y remédier efficacement, exposez votre point de vue, et avancez une solution. Restez actif dans votre échange.

Les règles d’or de l’assertivité

Une personne assertive comme vous a la soif de s’affirmer. Veillez simplement à ce que vos faits, vos gestes et vos paroles soient en accord avec vos valeurs. Cela paraît simple en théorie.

Pour demeurer assertif ou le devenir, vous jouissez de 4 droits qui peuvent devenir de véritables règles de vie pour améliorer vos relations au bureau :

  1. Exprimez vos sentiments, vos opinions, vos pensées : pour être écouté, écoutez également les autres, et réservez-leur le même droit de pouvoir s’exprimer. En d’autres termes, c’est reconnaître le droit d’expression à votre interlocuteur pour un réel dialogue.
  2. Assumez les conséquences de vos décisions : chaque choix et chaque décision comportent son lot de conséquences, qu’elles soient négatives ou positives. En dernier ressort, vous êtes donc le seul juge de vos actes. Etre responsable de votre comportement fait partie des règles d’or de l’assertivité.
  3. Soyez humble : revendiquez votre droit à l’erreur pour adopter la posture assertive. Connaître et faire connaître vos limites et vos faiblesses démontre que vous êtes prêt à recevoir et étudier l’opinion des autres.
  4. Préparez votre réponse avant de vous exprimer : ne parlez pas sous l’influence de vos émotions. Si la situation est stressante ou la demande contraire à vos convictions, faites des exercices de respiration pour ne pas vous emporter et pour vous calmer. Ainsi, vous serez plus disposé à discuter et à entendre l’avis de votre interlocuteur.
  5. Ecoutez les autres : l’écoute active est indispensable pour accroitre votre empathie et ainsi comprendre ce que votre interlocuteur attend de vous. L’assertivité vous permettra de développer progressivement votre intelligence émotionnelle.
Crédit : krakenimages – L’assertivité au service de la bonne entente en entreprise.

Sources : 
https://www.larousse.fr/dictionnaires/francais/assertif/5805
https://www.linternaute.fr/dictionnaire/fr/definition/assertivite/
http://definitions-de-psychologie.psyblogs.net/2017/01/assertivite.html
https://www.psychologue.net/articles/et-si-nous-parlions-avec-assertivite
https://www.manager-go.com/efficacite-professionnelle/s-affirmer-dans-l-entreprise.htm