Sommeil et (télé)travail : comment faire pour que ça fonctionne ?

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Il serait tentant de considérer que le sommeil relève exclusivement du domaine personnel. Cependant, il a des conséquences directes non seulement sur les performances, mais aussi sur notre comportement dans le cadre professionnel. Il s’agit donc d’en prendre conscience, en particulier dans une période anxiogène, marquée par la crise sanitaire et, pour beaucoup, par un passage précipité au télétravail.

L’impact du sommeil sur la productivité : que dit la science ?

Le sommeil et ses effets sur la santé et sur le comportement ont fait l’objet de nombreuses recherches dès fin du 19ème siècle. Ces travaux ont rapidement permis de démontrer que le manque de sommeil nuisait considérablement à la concentration et à la productivité. Autre conséquence rapidement mise en exergue : la perte de vigilance et le risque accru d’accidents du travail.

En 1999, une étude permet de démontrer que la privation de sommeil affecte aussi le cortex préfrontal. Or, cette région du cerveau contrôle le comportement, mais aussi la créativité et la capacité à prendre des décisions. En d’autres termes, les travailleurs affectés par un manque de sommeil peuvent manquer de « self control » ; ils tendent aussi à s’enfermer dans des tâches routinières, et ils ne sont plus à même de faire preuve d’innovation ou de contribuer à atteindre les objectifs de l’entreprise.

La science s’est appliquée à établir la durée de sommeil optimale. On parle couramment de 8 heures de sommeil pour un adulte. Il s’agit en réalité d’une moyenne à nuancer en fonction de l’âge et du tempérament. Les recherches les plus récentes mettent par ailleurs en exergue l’importance de la qualité du sommeil. Et le verdict est simple : mieux vaut une nuit de « sommeil réparateur » plus courte, plutôt qu’une longue nuit en proie à un sommeil perturbé.

Sommeil et télétravail : quels sont les principaux troubles du sommeil qui affectent les actifs ?

Au cours des 30 dernières années, l’INSV (Institut National du Sommeil et de la Vigilance) a observé que le temps de sommeil a singulièrement raccourci, tout particulièrement chez les jeunes actifs. Cela est lié à des raisons pratiques – tel le rallongement du temps de trajet au travail – ainsi qu’à l’émergence des nouvelles technologies. 

L’émergence des nouvelles technologies a radicalement modifié notre façon de travailler. Connectés en permanence via internet, puis grâce aux smartphones et tablettes, il n’est plus possible de rompre avec le travail. Répondre à un mail à minuit, au cours du week-end ou pendant les vacances n’est plus seulement chose courante : c’est trop souvent la norme.

On note ainsi l’accroissement des troubles du sommeil parmi les actifs. C’est notamment le cas des dyssomnies, l’altération de la qualité ou de la durée du sommeil. Et pas moins de 55% des salariés reconnaissent qu’ils aimeraient dormir davantage.  

D’un point de vue scientifique, le lien entre sommeil et performances au travail ne fait désormais plus aucun doute. Des collaborateurs stressés, potentiellement plus agressifs et peinant à accomplir leurs tâches contribuent in fine à l’aggravation des risques psychosociaux au sein de l’entreprise.

Il s’agit donc pour le manager d’en tenir compte, en premier lieu en permettant à ses équipes de bien compartimenter vie professionnelle et vie privée. Cette démarche est d’autant plus indispensable dans le contexte de la crise sanitaire liée à la COVID 19, au moment où nombre de collaborateurs se trouvent confrontés pour la première fois au télétravail.

Présence des enfants ou, au contraire, extrême solitude, manque de place, contexte trop bruyant :  la conjonction du confinement et du télétravail peut se révéler stressante et anxiogène. Il s’agit donc de ne pas sous-estimer les risques psychosociaux liés à la crise sanitaire, et de bien mesurer l’impact de cette situation inédite sur le sommeil des salariés.

S’il convient de ne pas sur solliciter vos équipes, la sensibilisation est de mise. Il est pertinent de leur rappeler que la qualité du sommeil est cruciale pour leur santé, en soulignant quelques points essentiels pour bénéficier d’un sommeil de qualité :

  • Le soin à apporter à une bonne literie : matelas, oreiller et couettes ;
  • L’importance de conserver des horaires de travail structurés et fixes ;
  • Les bienfaits d’une sieste de 20 minutes maximum dans l’après-midi ;
  • La nécessité de se préserver des écrans 1 h 30 au moins avant le coucher.

Sources :

INRS : Télétravail et RPS

INSV – Journée du Sommeil 2020

Bleu Câlin